Politique au Togo: que se passe-t-il ?

Certains partis de l’opposition réclament la modification de certains articles de la constitution de la république parmi lesquels les articles 59 et 60 qui portent sur le mandat présidentiel.

Un premier projet de loi a été introduit en juin 2014 par le gouvernement suite au Rapport du dialogue à Togo télécom. Ironie du sort, le parlement majoritairement constitué de députés du pouvoir l’a rejeté.
Le soulèvement populaire au Burkina Faso, les 28, 29 et 30 octobre 2014 et qui ont conduit au départ du Président Blaise COMPAORE, semblent avoir inspiré certaines formations politiques. Le fameux projet de loi, revu avec davantage d’acteurs est réintroduit au parlement. Malencontreusement, le débat s’est corsé sur une question de procédure.
En effet, tous les projets de loi sont étudiés en premier ressort par la commission des lois du Parlement. Cependant, les députés de l’opposition estimant qu’il n’est guère opportun que la commission des lois étudie le projet avant les plénières parlementaires sur la base du caractère constitutionnel du projet.

Dans le fonds tout le Blocage porte sur la question de la rétroactivité ou non de la future loi qui sera adoptée ; et de façon implicite, la possibilité que le Président de la République actuel puisse se présenter aux prochaines échéances électorale de mars 2015 (celui-ci ayant déjà exercé le pouvoir pendant deux mandats).

Dans son discours à la nation le 31 décembre 2014, le Président de la République a abordé la question en ces termes : « ...Je constate à cet égard que le débat sur les réformes politiques a pris ces derniers mois une vive tonalité au sein de la classe politique. Dans la foulée, le projet de réforme constitutionnelle introduit en juin 2014 n’a pas recueilli l’adhésion de la représentation nationale. Je note également, que la proposition de réforme initiée récemment par certains partis de l’opposition parlementaire, n’est pas à l’abri des querelles. Quelle que soit l’issue qui sera réservée à l’initiative des parlementaires en cours d’examen, il me paraît dès à présent fondamental de dépasser les contingences immédiates pour ouvrir un vaste champ de réformes politiques en profondeur, dans le but de consolider l’ancrage démocratique et le processus de réconciliation nationale au Togo. A cet effet, et conformément à la recommandation 8 du rapport de la Commission Vérité Justice et Réconciliation (CVJR) qui insiste sur la nécessité de régler la question des réformes institutionnelles dans le cadre d’une réflexion approfondie sur l’adaptation du modèle en vigueur dans notre pays à nos réalités sociologiques, une commission de réflexion sur les réformes politiques sera mise en place. Cette commission sera composée d’historiens, de personnalités politiques, de juristes, de sociologues et de représentants de la société civile. Sa mission consistera à proposer dans les plus brefs délais et conformément à l’approche préconisée par la CVJR, un texte de réforme politique qui tient compte de notre histoire, reflète nos réalités et répond aux aspirations les plus profondes des Togolaises et des Togolais. Je souhaite vivement que cette initiative contribue à restaurer davantage de sérénité dans le débat politique ...».
Cependant, ces propos ont défrayé la chronique. Chaque formation politique du pays en a fait l’interprétation qui lui semble juste. 

Cette situation conflictuelle relative à la procédure a fait intervenir la Cour Constitutionnelle. Après analyse, celle-ci a recommandé que le projet transite par la commission de loi.

Les sessions parlementaires se penche sur le sujet depuis le 05 janvier.
A ce jour, toute la classe politique concentre son attention sur cette question. 
Le peuple, désorienté attend.


l'indépendant

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