Le médiateur doit être ferme ou se récuser, le Togo doit vivre !
Les
Togolais fondent encore leur espoir sur la capacité du facilitateur à sortir
les politiciens et le peuple dans son ensemble de l’ornière dans laquelle elle
s’est retrouvée depuis août 2017.
La
médiation est prévue pour durer dix jours. Jours calendaires ?
Perlés ? En tout cas, à n’en point douter, les dix jours sont étalés sur
plusieurs mois. Et après deux mois, on n’en a épuisé que trois.
Nous
assistons impuissants, tels dans un film western dont les acteurs sont Pouvoir,
groupe des 14 opposants et le Gouvernement. Dans ce genre de film, on ne sait
qui et à quel moment la balle fatale va être tirée. Apparemment, le Sheriff,
garant de l’équilibre et de la justesse semble être dépassé par les événements.
Et la balle peut partir de n’importe où et à n’importe quel moment. Car nul n’a
le monopole de la violence ici au Togo.
Le Ghana héberge
Atchadam et jusqu’à quand ?
Celui
qui a réussi à faire avorter la conférence internationale Israël-Afrique, parce
que c’est la seule et unique raison de la mobilisation du 19 août 2017 réside
au Ghana.
Pourquoi
Atchadam réside-t-il au Ghana et ses camarades de combat circulent et
agissent paisiblement au Togo ? Comment et pourquoi continue-t-il d’attiser
le feu au Togo pendant que ses camarades discutaient sans être inquiétés pour
une issue à la crise. C’est bien du Ghana qu’il envoie ses discours appelant à
la désobéissance et au soulèvement populaire. C’est bien du Ghana qu’il
manipule ses 13 autres camarades ; il les tire du bout du nez comme des
enfants.
Le Ghana a reçu
plus d’une fois le groupe des 14 opposants.
C’est
de bonne guerre que les protagonistes s’adressent en aparté au facilitateur.
Dans une démarche d’équilibre et d’esprit de résultat, il est indicible que les
rencontres pour la mise au point, explication, justification s’écartent de la
droite ligne qui est la sortie de crise. A l’issue de la première rencontre
dite bilatérale avec le facilitateur, on a frôlé de justesse le regain de la
rue parce que les mesures d’apaisement promis par le pouvoir n'auraient pas
respectées.
La
seconde rencontre bilatérale a pour fond de toile, le besoin de retourner dans
la rue parce que le pouvoir procède à des arrestations et la poursuite du
processus électoral. Disons et soyons courageux : la rue n’est bonne pour
personne ; ni pour le pouvoir, ni pour l’opposition et moins encore pour
le PEUPLE. Et bien évidemment, personne n’en a le monopole.
Le gouvernement et
le pouvoir doivent faire preuve de tact et de bonne foi.
La
frontière entre la position du gouvernement et celle du parti au pouvoir est
difficile à tracer, et tous savons pourquoi. Dans cette condition, il est
indispensable que les techniciens de l’administration prennent en compte les directives
qu’imprime le dialogue. Aussi, est-il important que le parti au pouvoir
démarque sa position vis-à-vis du gouvernement afin de préserver l’équilibre
des forces. S’il est vrai que la suspension du processus électoral n’a pas fait
l’objet de préalable dans le règlement intérieur du dialogue (contrairement à
la suspension des manifestations de rue), nous pouvons, quand-même dénoncer les
activités que mène le ministère de l’administration territoriale en entretenant
la mise en place des commissions électorales locales. On peut aussi par
ailleurs, déplorer le mutisme du parti au pouvoir sur ces comportements.
Le Ghana peut faire
aboutir le processus, mais il faut avoir du cran.
Les
esprits fertiles présageaient déjà que chaque partie allait au dialogue avec
ses calculs. La preuve est là, le blocage s’est présenté dès la première
rencontre. Il est important que la facilitation soit franche et non
complaisante en : (i) clarifiant les positions de chacun, (ii)
identifiant les goulots d’étranglement puis (iii) proposant à chacun des
protagonistes, la dose d’eau à mettre dans le vin.
Le Togo a besoin
d’un mieux-être.
C’est
impossible de feindre ne pas connaitre la vraie aspiration du peuple, et celle
des partis politiques. Le jeu politique est dangereux et tout le monde le sait
aussi. Deux questions restent fondamentales : quels sont les intérêts des politiciens pour
eux-mêmes ? Que veulent-ils pour le peuple ?
Que
de paisibles citoyens éprouvent le besoin d’être en sécurité, d’avoir du
travail, d’être fier de vivre ou de provenir du Togo !
La
facilitation doit servir à quelque chose, ni non elle se récuse.
Moise Mafongoun
Article publié dans le quotidien TogoMatin N°293, P2
Moise Mafongoun
Article publié dans le quotidien TogoMatin N°293, P2

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